Santé publique et consommation de produits de santé chez les jeunes

La dynamique de consommation de médicaments est hautement influencée par les stratégies de marketing et de persuasion de l’industrie pharmaceutique. Même dans un contexte hautement réglementé par les gouvernements provinciaux et fédéral, comme au Canada, grâce au contrôle des prix et les limitations des pratiques de marketing, les forces du marché (notamment à l’international) poussent vers une médicamentation croissante de la pratique médicale et des soins de santé en général. Si l’augmentation de la consommation de médicaments (prescrits ou non prescrits) apparaît surtout comme étant le résultat des changements démographiques (le vieillissement de la population), on observe cependant une tendance à la surconsommation de médicaments chez les jeunes. On pense notamment aux antidépresseurs, aux anxiolytiques, aux psycho-stimulants comme le Ritalin, etc. Ce sont là des médicaments conçus pour «solutionner» les différents «problèmes de la vie» notamment chez les jeunes, c’est-à-dire les troubles anxieux (le stress, l’anxiété de performance, les maladies de l’idéalité, la fatigue d’être soi, etc.). Cette conférence permettra, à partir d’un certain nombre de données statistiques, de rapports et d’observations, d'analyser la dynamique qui caractérise la surconsommation de médicaments par les jeunes. Cette médicamentation de plus en plus massive et intensive repose sur des enjeux sociaux et économiques complexes. Nous nous intéresserons ainsi à la fois aux représentations associées aux médicaments et à leur usage dans différents contextes. Nous identifierons un certain nombre d’enjeux liés à cette médicamentation massive et intensive et qui permettent de questionner à la fois la dynamique qui régit la prise de médicaments chez les jeunes et le rôle des différents acteurs de la société (parents, écoles, médias, etc.).